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Edito

Soit, 2014 n’aura encore pas encore vu la reprise mondiale annoncée. Les raisons : les tensions géopolitiques, la baisse historique du prix du pétrole, une croissance poussive en Europe... Quant à 2015, l’année s’annonce soit meilleure, soit ralentie, les prévisionnistes n’étant pas toujours d’accord…

Epargnés par la morosité économique, la Chine et les Etats-Unis affichent respectivement 27,8% et 15,3% du PIB mondial, selon le FMI.

La Chine est désormais la deuxième puissance mondiale, presque deux fois plus importante que le Japon, qui la suit dans le classement. Elle est déjà la première puissance mondiale en termes de parité de pouvoir d’achat et on estime même que d’ici 2030, elle dépassera les Etats-Unis. La bonne nouvelle est que la demande intérieure globale est boostée, car la Chine bascule d’un modèle fondé sur l’exportation à un modèle de consommation privée reposant sur la demande des ménages.
Concernant les Etats Unis, 2014 s’affirme comme l’année la plus créatrice d’emplois depuis la fin des années 1990, même si les salaires ne sont pas encore à la hausse.

A noter toutefois que si la menace d’une récession mondiale est maintenant écartée, Moody’s rappelle que les facteurs de crise subsisteront dans les deux années à venir et que la zone euro devra envisager des réformes structurelles  - déréglementation  notamment -, pour repartir vers la croissance.

Dans notre secteur, les tendances observées en 2014 s’annoncent stables en 2015, avec une progression des importations et des exportations pour le textile et l’habillement.
Côté consommateur, la tendance continue de s’affirmer vers toujours plus de transparence, de garantie responsable, d’éco-conception des produits et d’attention portée à l’humain.
Un penchant vers l’écologie que le plus «green» des pavillons à l’Exposition Universelle de Milan a parfaitement interprété puisqu’au-delà de la démonstration de l’éblouissant savoir-faire français, cette réalisation permet, à la France, de gagner d’ores et déjà le pari de l’originalité et de l’innovation.

Nos métiers seront aussi présents à Milan, pour apporter la plus belle des réponses au “French bashing” et faire, si besoin était, la preuve de l’excellence française.
Dans cette même mouvance, Li Edelkoort, oracle bien connu de la mode, nous dit à quel point ce que produit le système de la Mode d’aujourd’hui s’est éloigné des réalités sociales et des aspirations individuelles. 

En effet, "Anti-Fashion", son manifeste pour la prochaine décennie, proclame en dix points la mort de l’industrie de la mode telle que nous la connaissons : depuis les écoles de mode qui forment plus de divas de la mode que de designers industriels, jusqu’aux pressions économiques qui font oublier aux créateurs de confectionner des vêtements au profit des accessoires, en passant par le pouvoir de bloggeurs «perfusés» aux cadeaux…  sans parler du prix du vêtement qui n’a plus de rapport avec le travail requis pour sa réalisation…

Que devons-nous en déduire, nous qui fabriquons la "Mode", des dessous aux dessus ?
Nous vivons aujourd’hui une période "d’absence de mode". Les vêtements se portent sans limite de temps, de lieu ou de genre. Dans le même temps, les gens n’ont plus envie de posséder, ni de surconsommer les vêtements. La location, le partage, le troc, les achats collectifs sont les nouvelles manières de consommer. Ces tendances sont le corollaire de difficultés économiques associées à l’émergence d’une jeunesse éduquée, de bon goût, mais désargentée. On voit apparaître des tenues plus simples, plus dépouillées. Des vêtements de qualité, qu’on ne jette pas après une saison.

Cependant, le vêtement en lui-même bénéficie d’un regain d’intérêt. Sa construction, sa forme, sa matière, autant d’éléments qui font dire à Li Edelkoort que les ateliers de couture font leur retour comme laboratoires de réflexion.

Pour elle, il ne faut surtout pas cesser d’enseigner l’histoire et les fondamentaux techniques du vêtement et de mettre l’accent sur sa dimension industrielle comme sur l’artisanat. Ce sont ces deux aspects-là de la création de vêtement qui ont le plus d’avenir. Ce qui signifie donc encore plus de formation, de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences.

Mais aussi une plus grande attention des Pouvoirs Publics à la préservation des savoir-faire et aux moyens de production des vêtements. En témoigne l’annonce faite par Anne Hidalgo, en début d’année 2015, d’une enveloppe de 57 millions d’euros dédiés à la pérennisation des métiers de la Mode pour cette seule année. C’est l’occasion pour nous de trouver :
  • De nouveaux relais de croissance, d’innover sans relâche pour faire valoir notre position d’acteurs majeurs de la mode, en collant au plus près du consommateur et à ses nouvelles habitudes de consommation.
  • De voir la Chine et l’Inde comme de nouveaux marchés où notre savoir-faire Made in France est toujours synonyme de qualité et d’excellence créative.
  • De tirer parti des technologies de l’information et de la communication digitale pour dégager les principales tendances de la mode. Google, par exemple, en compilant et recoupant les données de son moteur de recherche conclut que les jupes en tulle et les pantalons de jogging sont l’envie du moment. Certaines marques utilisent déjà, avec succès, ces techniques marketing innovantes.
  • Mais aussi, de repenser les réseaux de distribution et la relation client, avec par exemple, l’utilisation des tablettes en boutique qui raccourci le processus de vente.

Car l’e-commerce n’a pas "gagné la guerre" contre les magasins. La synergie et l’interaction entre les différents canaux de distribution, la stratégie "cross canal" et la naissance des "smart stores" font du magasin l’avenir du commerce et cela contre toutes prévisions.

Nous sommes en plein changement de paradigme, que certains nomment encore la crise mais qui relève beaucoup plus d’une nouvelle vision du monde et de ses affaires. Une vision qui chamboule les notions de possession de biens, qui met le partage et la conscience d’être citoyen d’une planète menacée, au centre des réflexions du consommateur et du distributeur, et qui par conséquent, modifiera en profondeur nos "vieilles" habitudes.

Ainsi, l’émergence de cette consommation plus collaborative génère l’économie de la fonctionnalité qui ouvre le champ vers de nouveaux business models. Autant de défis passionnants, qui nous poussent vers de nouvelles idées, de nouveaux marchés… Et ce n’est que le commencement !

Plus que jamais, la Fédération de la Maille & de la Lingerie est à vos côtés pour vous accompagner dans cette (r)évolution et reste à votre écoute pour vous offrir son expertise.
Dominique Seau





Président de la Fédération
de la Maille & de la Lingerie